carnaval.


   La faim n'est rien d'autre qu'une absence, elle disparaît dès qu'on la comble ; et pourtant, elle est là, palpable, elle se cramponne. Elle hurle. C'est un peu ce genre de vertige qui nous habite dès qu'on se retrouve seul dans une grande pièce vide.

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    Je suis ce corps allongé là sur les draps, et qui réclame et qui souffre.

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    Je suis comme eux qui n'ont pas de visage, qui sont sans beauté ni laideur.

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    Je sais maintenant que l'amour est laid.

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    Adorable liberté de l'enfant qui ignore encore les brûlures du corps et de la vie, qui aime quand il veut, et qui hait les autres absolument.

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    J'ai échoué, c'est vrai, mais ne suis-je pas comme tous les autres ?

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